Scintillement à la caméra : temporel ou spatial, le bon diagnostic
L'écran est parfait à l'œil nu, mais à l'image il scintille, des bandes défilent, ou un motif ondulé apparaît. Deux familles de causes très différentes se cachent derrière ces symptômes — et on perd beaucoup de temps quand on traite l'une en croyant corriger l'autre.
Lignes de scan : la caméra voit ce que l'œil ne voit pas
Un écran LED s'allume par balayage. À 1 920 Hz de refresh, l'œil ne voit rien, mais un obturateur rapide fige les lignes de balayage.
Pour la captation courante (plateau TV, conférence filmée, livestream), visez un refresh d'au moins 3 840 Hz. Pour le cinéma, la publicité ou les plans serrés en virtual production, 7 680 Hz est la référence.
Le refresh se règle dans la configuration des cartes de réception (fichier RCFG côté NovaStar, équivalents chez Colorlight et Brompton), en respectant les limites du driver IC du module. C'est une modification à faire hors exploitation, configuration sauvegardée au préalable.
Genlock et obturateur : synchroniser tout le monde
- Verrouillez caméra et processeur vidéo sur le même signal de référence (genlock) dès que l'image de l'écran passe à l'antenne ou dans un enregistrement.
- Calez la fréquence de la source : une sortie carte graphique à 59,94 Hz sur un écran attendu à 60,00 Hz produit un battement lent, visible comme une ondulation de luminosité.
- Ajustez l'angle d'obturation de la caméra sur un multiple de la période de l'écran (180° à 1/50 s en 25p, par exemple) et affinez en visionnant au moniteur.
- En virtual production, utilisez les fonctions dédiées du processeur (ShutterSync ou équivalent) plutôt que d'empiler les corrections manuelles.
Le moiré : un problème d'optique, pas d'électronique
Le moiré naît de l'interférence entre la grille de pixels de l'écran et celle du capteur. Aucun réglage de refresh n'y changera rien.
Les leviers efficaces : reculer la caméra (règle pratique : distance minimale en mètres ≈ pitch en millimètres), ouvrir pour réduire la profondeur de champ, décaler légèrement la mise au point derrière l'écran, ou changer de focale.
Si le moiré persiste sur un plan imposé, un léger filtre de diffusion devant l'objectif reste l'arme de dernier recours.
Quand demander un ingénieur
Tournage imminent, refresh à modifier sur un écran en exploitation, ou battements qui résistent au genlock : faites valider la chaîne complète (source, processeur, cartes, caméra) avant de toucher aux configurations.
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À l'œil nu l'écran scintille aussi, est-ce le même problème ?
Non. Un scintillement visible à l'œil signale plutôt une source à 59,94 Hz au lieu de 60, un scan incompatible avec le fichier de configuration, ou une alimentation faiblissante. Traitez d'abord la fréquence de sortie de la source.
Quel refresh demander pour un plateau TV ?
3 840 Hz couvre la captation broadcast courante. Les plans serrés, les ralentis et le cinéma demandent 7 680 Hz. En dessous de 1 920 Hz, le risque de lignes à l'image est élevé.
Le moiré disparaît quand je recule de deux mètres, est-ce une vraie solution ?
Oui. Le moiré est géométrique : passé une certaine densité de pixels par degré de champ, l'interférence disparaît. Reculer, zoomer moins serré ou défocaliser légèrement sont des solutions parfaitement légitimes en production.
Augmenter le refresh a-t-il des inconvénients ?
Un refresh plus élevé réduit légèrement la luminosité maximale et le nombre de niveaux de gris disponibles selon le driver. D'où l'intérêt de viser la valeur nécessaire à l'usage, pas le maximum absolu.